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Monique Wahlen, directrice générale Draftfcb
Et si les marques étaient des people comme les autres ? Tentons un parallèle entre les people et les marques à partir d’une analyse de l’évolution du rôle social des « people » parue dans Next (le supplément de Libération) de cette semaine.

L’évolution du statut des people se résumerait ainsi en trois phases. Avant, c’étaient « des gens plus beaux que nous » que l’on idéalisait (Marlène Dietrich), après ce fut « des gens comme nous » avec leurs qualités et leurs défauts (Sophie Marceau) et aujourd’hui ce sont « des gens pires que nous » dont on guette avec avidité les déraillements (Britney Spears).

Au-delà du phénomène people en lui-même, caractéristique de nos sociétés de l’hyper-spectacle, il se pourrait que l’évolution des formes de peoplelisation soit tout aussi symptomatique d’une certaine mutation sociale.

Prenons donc le même processus et appliquons-le aux marques, pour voir si cela fonctionne. Cela donne : avant les marques étaient belles et incontestables (Levi’s), puis elles sont devenues proches et empathiques (Renault), pour finir par être mises sous observation et clouées au pilori à la moindre occasion (Mac Donald’s).
Qu’en pensez-vous ? Moi je trouve que ça le fait plutôt bien !

Faut-il en déduire que nous sommes plus généralement dans une phase révolutionnaire, de désacralisation, de meurtre des idoles, de destitution des puissants ; que nous voulons prendre leur place, que nous demandons des comptes ?

Encore une fois, tentons le parallèle :

Si côté individu, cette descente aux enfers des people s’est accompagnée d’une théâtralisation de soi, d’une mise en scène de la vie privée (cf. la téléréalité et autres spectacles de l’intime) ; côté marque, on peut légitimement s’interroger sur le phénomène conséquent à une telle désacralisation.

Va-t-on assister :

À une intégration croissante de l’individu dans la mécanique des marques ? Oui, au minimum !
À une émergence d’un « individu-marque », qui se pense comme une marque, gère son propre marketing et optimise son potentiel commercial ? C’est déjà en cours !
À une nouvelle dramaturgie (forcément émotionnelle) autour de marques quasi personnifiées ? Alors là, ça ne va pas être facile à gérer ! Demandez à Didier Lombard ou à Lehman Brothers !

People ou marques, dans tous les cas, être sous les feux de la rampe se paie de plus en plus cher ! À quand un retour de la discrétion ?

















©TRENDMARK.FR - 53 - février 2010 - haut de page