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La tendance
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Monique Wahlen, directrice générale Draftfcb Plus que jamais, il va devenir indispensable de maîtriser les techniques et les principes de la communication de crise. Pour ceux qui en doutaient encore, la communication, et particulièrement celle de crise, nous rappelle quelle nécessite une certaine technicité, un savoir-faire professionnel qui sacquiert par la formation, sans lequel nimporte quel Monsieur Jourdain ne ferait que se ridiculiser ou produire des contre effets. Les exemples ne manquent pas en ce moment Prix dexcellence du Vaudeville : léquipe de France de foot au Mondial en Afrique du Sud. Entre les fiascos sportifs, le coup de théâtre Anelka, la rébellion contre le coach, le communiqué rédigé par lavocat dun des joueurs, la recherche du traître, le préparateur physique qui dément avoir bavé, la mère de Domenech qui pleure dêtre traitée de pute, Ribéry qui sinvite sur Téléfoot en claquettes, le Président de la Fédération qui fait une conférence de presse comme il présiderait lamicale des amateurs de cassoulet, sans parler du vice-président qui démissionne en pleurant jen passe et des meilleures. Une seule question se pose : où est le communicant qui suit pourtant les Bleus 24/24h ? Où est le responsable des RP qui fait partie du groupe France ? Même linoxydable Séguéla en a convenu récemment sur un plateau télé : il nest plus possible, à lheure de la marchandisation et de la mondialisation générale (donc du sport et du foot en particulier) de donner un tel spectacle de guignols. Cest une faute professionnelle ! Tout se professionnalise, tout se gère et sorganise désormais : pourquoi dans ce temple de largent et du business quest le foot, seule la communication reste amateur ? Idem pour le PDG de BP qui, au cur de la plus grande marée noire de tous les temps, en profite pour prendre quelques jours de break et soffrir une petite régate sur un coin de mer que lincurie de sa société na pas encore polluée. Qui na pas vu ou na pas été capable de lui dire leffet catastrophique quune telle escapade aurait dun point de vue communication ? Peu importe sa morale personnelle, mais quau moins il soit un bon patron soucieux de limage de lentreprise quil a à gérer. Sans parler de Jérôme Kerviel et de la Société Générale. Edifiante cette défense du supérieur hiérarchique qui assure être honnête puisquil nétait pas au courant, mais qui pour accréditer cette thèse, passe pour un jean-foutre en affirmant quil ne lisait pas ses mails. On se demande bien, entre la peste et le choléra, quel est le pire des maux ? Être un incompétent honnête ou un expert de la magouille ? Encore une fois, le discours des avocats est une chose, la communication de crise en est une autre ; les objectifs ne sont pas les mêmes. Seul espoir dans cet océan damateurisme : le PMU qui dans sa campagne douverture des paris aux sports autres que le turf, décide face à lélimination des Bleus au premier tour du Mondial, de rembourser tous les parieurs ayant misé sur la France Championne du Monde, afin quils puissent replacer leur argent sur un autre pronostic. Ça cest bien joué ! Cest contextuel, ça colle à lactualité, cest spontané, ça ne pense pas quau fric et du coup ça paraît malin et sympathique. Et tout cela nest quun début, si lon en croit Ulrich Beck dans son passionnant ouvrage La société du risque. Nous serions passés dune société de distribution de richesses à une société de répartition des risques. Des risques qui deviendraient omniprésents, quils soient financiers, alimentaires, chimiques, écologiques ; mais également inévitables parce que résultant du développement erratique et autiste de lactivité humaine. Alors les risques, il va falloir sy préparer, parce quils ne vont pas manquer et que la situation de risque va même devenir le régime normal de gestion du social. Cest sûr, la communication de crise va être notre lot quotidien et devant lampleur du désastre, il ne nous reste plus quà imposer notre compétence de communicants, à convaincre les dirigeants actuels et à former les générations futures. Bonne nouvelle : cela va conduire à des créations demploi. Merci la crise ! |
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