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Michel Bérain
Pas moins de 3 milliards applis ont été téléchargés cette année, et 5 milliards le seront en 2014 sur les différentes plateformes proposées, selon ABI Research. Le toujours précurseur Apple qui a créé ce marché tient toujours la corde haut la main avec, au 27 mai 2010, 184 981 applis disponibles contre 51 333 pour Androïd, 7 274 pour BlackBerry, 6 843 pour Nokia et 2 300 pour Palm.

Cette explosion technologique est à mettre en parallèle avec le développement exponentiel de l’Internet mobile et donc du “trafic data mobile” dont l’Américain Cisco prévoit une croissance annuelle de 100%, c’est-à-dire un doublement entre aujourd’hui et 2014. Nous sommes rivés à nos écrans, à nos “laisses technologiques”, à notre besoin obsessionnel d’être branchés sans jamais être, ou rarement, débranchés. Jusqu’à la dépendance. Le succès des textos envoyés par salves continues ou encore le développement du microbloging avec Twitter et ses messages limités à 140 caractères (55 millions envoyés par jour), accélèrent cette passion pour l’écrit digitale et ininterrompu, l’obsédante connexion relationnelle.

La reconfiguration du cerveau

Des chercheurs de l’Université de Standford ont constaté que notre consommation technologique a été multipliée par trois depuis une dizaine d’années et notre consommation médiatique est passée de 5 heures dans les années 60 à 12 heures aujourd’hui en moyenne. Ceci pour les plus gros consommateurs qui passent d’un écran à l’autre —TV, ordinateur, smartphone, tablette— en décrochant rarement. Les chercheurs ont aussi constaté que certains de ces accrocs aux écrans sont impulsifs, parfois irascibles, plus souvent impatients, et même étourdis. Surtout les personnes dites “multitâches” c’est-à-dire passant d’un ordinateur à un téléphone, en regardant la télévision, en lisant leurs mails… Des individus qui ont des difficultés à se concentrer.

Mais cette perte de concentration touche peu ou prou notre humanité technologique qui néglige de faire travailler sa mémoire ou ne se fatigue plus à apprendre “par cœur”. Pourquoi faire des efforts quand nous avons tout ou presque sous la main, d’un simple coup de doigt sur un écran tactile ? Cette nouvelle “paresse” reconfigure notre cerveau qui, d’un côté, est plus vif, plus “excité” à repérer des éléments dans un ensemble, de l’autre, il est plus sélectif et distrait par un excès de facilité. Faut-il conclure que nous allons vers une mutation intellectuelle profonde ? Pas vraiment, constatent les chercheurs qui recommandent une désintoxication pour les plus accrocs.


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©TRENDMARK.FR - 57 - juin 2010 - haut de page